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Sud-Kivu : MSF sauve des vies humaines à Shabunda

  • il y a 3 heures
  • 3 min de lecture


Plus de 260 000 personnes sont confrontées à une situation sanitaire préoccupante dans le territoire de Shabunda au Sud-Kivu, suite aux épidémies de rougeole et de choléra qui persistent dans la région par manque d’eau potable, les mauvaises conditions d’assainissement et les déplacements de populations.


Selon le média en ligne Estnews.info, depuis le 3 juillet 2026, 1 002 cas de choléra, dont 39 décès, ont été enregistrés. La rougeole a, quant à elle, fait 7 620 cas et 467 décès, soit une létalité d’environ 6 %.


Cette situation touche particulièrement les communautés vivant dans des zones difficiles d’accès, où les besoins essentiels restent insuffisamment couverts.


« À Shabunda, l’accès limité à l’eau potable et à l’assainissement expose davantage les populations aux maladies hydriques telles que le choléra », explique le Dr Didier Butara, coordinateur de projet de Médecins Sans Frontières (MSF) à Shabunda.


Il souligne également les difficultés d’acheminement des vaccins vers les zones reculées, qui fragilisent la vaccination de routine et exposent de nombreux enfants à des maladies évitables, notamment la rougeole.


La situation est aggravée par les mouvements de population provoqués par les violences. Selon OCHA, environ 1,56 million de personnes étaient déplacées internes et 1,58 million étaient retournées dans leurs zones d’origine au Sud-Kivu en mars 2026.


À Shabunda, les autorités estimaient à environ 113 000 le nombre de déplacés internes et à 71 500 celui des personnes retournées. Ces déplacements accentuent la pression sur des services de santé déjà fragiles et favorisent la propagation des maladies.


À ces difficultés sanitaires s’ajoutent les contraintes d’accès au territoire. L’état dégradé des routes, l’insécurité et la fermeture de l’aéroport de Bukavu compliquent considérablement l’acheminement du personnel, des médicaments et du matériel médical. Pour MSF, ces obstacles rendent l’intervention plus longue et plus coûteuse, alors que les besoins nécessitent une réponse rapide.


Arrivées à Shabunda en mai 2026, les équipes de l’organisation ont progressivement renforcé leur intervention à partir de juin. Elles soutiennent actuellement deux centres de santé et deux hôpitaux pour la prise en charge des patients atteints de rougeole, notamment à travers l’appui au personnel médical ainsi que la fourniture de médicaments et d’équipements.


Face à la progression du choléra, MSF a également installé un centre de traitement du choléra à l’Hôpital général de référence de Shabunda et trois centres de traitement intermédiaire à Mungembe, Ndea et Kinkobongo/Kamushale. L’organisation accompagne par ailleurs six autres structures sanitaires du territoire et intervient dans les domaines de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement.


Sur le volet préventif, MSF a apporté un soutien logistique au ministère de la Santé publique dans le cadre d’une campagne de vaccination contre la rougeole et la rubéole. Grâce notamment à la réparation de la chaîne du froid, au transport et à la supervision, 111 233 enfants âgés de 6 mois à 14 ans ont pu être ciblés par la campagne.


Entre le 3 juillet et le 21 août, les équipes de MSF ont pris en charge 1 161 patients atteints de rougeole dans les centres de santé soutenus et 406 autres au niveau hospitalier. Plus de 500 personnes souffrant du choléra ont également reçu des soins dans les structures appuyées par l’organisation.


Face à la persistance des besoins, MSF appelle au renforcement des capacités locales de réponse aux urgences sanitaires et à un accès effectif aux soins, particulièrement pour les enfants et les femmes enceintes, considérés parmi les groupes les plus vulnérables.


Rédaction.

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