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Sud-Kivu : La menace d’Ebola fragilise la situation humanitaire des populations affectées par les conflits armés

  • il y a 1 heure
  • 3 min de lecture

Au Sud-Kivu, la confirmation récente d’un cas de maladie à virus Ebola dans la Zone de Santé de Miti-Murhesa, en territoire de Kabare, relance les inquiétudes autour de la capacité de riposte sanitaire dans une province déjà fragilisée par les crises humanitaires et sécuritaires occasionnées par les conflits armés.


Les autorités sanitaires, les structures médicales et plusieurs organisations humanitaires multiplient les appels à la vigilance et à la mobilisation communautaire afin d’éviter la propagation du virus au sein des communautés.


Le Docteur CHUMA Rigobert, Médecin Directeur du Centre Médical New Hope Hospital, appelle la population à prendre conscience de la gravité de cette maladie hautement contagieuse et souvent mortelle.

« Ebola est une maladie qui tue rapidement. Toute la communauté doit être mobilisée et chaque personne doit appliquer les mesures de prévention individuelle », insiste-t-il.

Selon ce professionnel de santé, la prévention passe notamment par le lavage régulier des mains avec du savon ou des gels hydroalcooliques, l’évitement des contacts avec les liquides biologiques des personnes malades ainsi que l’abandon de la consommation de viande de brousse, particulièrement celle des chauves-souris et des singes, considérés comme des vecteurs potentiels du virus.


Les spécialistes rappellent que le virus Ebola se transmet par contact direct ou indirect avec les fluides corporels d’une personne ou d’un animal infecté. Sang, sueur, salive, selles, vomissures, urine ou encore lait maternel peuvent être à l’origine de la contamination.

 

Le Docteur Jean-Paul KARUMBA BIRINGANINE, Médecin Chef de Zone de Santé de Nyantende, précise que la transmission interhumaine survient principalement lors des contacts non protégés avec une personne malade ou décédée.

« Une personne peut également être contaminée en touchant des objets ou des surfaces souillés par les liquides biologiques d’un malade », explique-t-il.

Dans ce contexte marqué par les déplacements de populations, l’insécurité et les difficultés économiques, les acteurs sanitaires craignent que les traumatismes et la précarité ne compliquent davantage les efforts de sensibilisation et de prévention.


A Kamanyola, dans le territoire voisin de Walungu, plusieurs organisations humanitaires ont déjà lancé des campagnes de sensibilisation sur les réseaux sociaux et dans les communautés afin de renforcer les mesures barrières.


L’ONG Women’s Talking Circle Foundation DRC recommande notamment d’éviter les poignées de main, de porter correctement les masques de protection et de suspendre temporairement certaines activités de regroupement.

« Le respect strict des mesures barrières reste aujourd’hui le moyen le plus efficace pour limiter la propagation du virus », souligne Cicéron Keffa, chargé de communication de l’organisation.

La situation inquiète davantage les professionnels de santé en raison des faiblesses structurelles de la riposte dans la province. Le Docteur Joyeux BWAMI, Médecin à l’Hôpital Général de Référence de Panzi et épidémiologiste, dénonce le manque de laboratoires capables de confirmer rapidement les cas suspects.


Selon lui, les échantillons prélevés au Sud-Kivu doivent être transportés par bateau jusqu’à Goma, puis acheminés par route vers Beni ou Butembo avant d’être envoyés par avion à l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) à Kinshasa.

Un processus long et complexe qui peut retarder les résultats jusqu’à trois semaines.

« Ces délais constituent un véritable défi pour la riposte sanitaire. Ils obligent parfois les équipes médicales à maintenir des patients en isolement dans des conditions difficiles en attendant la confirmation des résultats », regrette-t-il.

Le spécialiste plaide ainsi pour une décentralisation urgente des capacités de dépistage et la formation d’experts locaux afin de renforcer la rapidité de la réponse sanitaire dans l’Est de la RDC.


Les médecins rappellent également que les premiers symptômes d’Ebola ressemblent souvent à ceux de la grippe : forte fièvre, douleurs musculaires, fatigue intense, maux de tête et irritation de la gorge. Ils peuvent ensuite évoluer vers des vomissements, diarrhées, atteintes rénales ou hépatiques et, dans certains cas, des hémorragies internes et externes.


Alors que le nouveau variant Bundibugyo signalé dans l’Est de la RDC ne dispose pas encore de traitement spécifique ni de vaccin, les acteurs sanitaires insistent sur la nécessité d’une vigilance collective pour éviter une nouvelle crise sanitaire dans une région déjà durement affectée par les conflits et les déplacements de populations.


Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL-GL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencija.

Philémon MUTULA.

 

 

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